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Céline Dumoulin-Melly, infirmière et hypnothérapeute à Savièse

Hypnose et phobies

Infirmière diplômée depuis 2004
Formée à l'A.R.C.H.E Genève
Pratique de la tabacologie depuis 2019
Diplôme tabacologie Université Paris-Saclay

Quand la peur prend les commandes

Vous savez que l'araignée dans le coin du mur ne peut rien vous faire. Vous savez que l'avion est statistiquement plus sûr que la voiture. Vous le savez — et pourtant votre corps, lui, ne l'entend pas. Le cœur accélère, les mains deviennent moites, la gorge se serre. Le rationnel n'a plus aucune prise. Ce n'est pas une question de logique, ni de courage.

La phobie est une réponse automatique, inscrite quelque part dans votre mémoire émotionnelle. Un jour, votre inconscient a décidé que cet objet, cette situation, cet espace représentait un danger — et depuis, il déclenche l'alarme à chaque rencontre. Peu importe que le danger soit réel ou non. Pour votre système nerveux, la menace est absolue.

Le réflexe le plus naturel, c'est l'évitement. On contourne, on anticipe, on organise sa vie autour de la peur. On refuse un voyage. On descend les escaliers plutôt que de prendre l'ascenseur. On change de trottoir. Et chaque évitement, même s'il soulage sur le moment, envoie un message à l'inconscient : « Tu avais raison, c'était dangereux. » La phobie se renforce, le périmètre de vie se réduit.

En consultation, je reçois des personnes qui vivent avec leur phobie depuis cinq, dix, vingt ans. Certaines s'en accommodent jusqu'au jour où elle bloque un projet — un voyage en avion avec les enfants, un entretien dans une tour, un soin médical repoussé trop longtemps. C'est souvent ce moment-là qui déclenche la démarche.

Dialoguer avec la peur plutôt que la combattre

Le piège classique, face à une phobie, c'est de vouloir la supprimer par la force — s'exposer brutalement à ce qui terrifie, serrer les dents, « se raisonner ». Cette logique du tout ou rien fonctionne rarement. Le corps se braque, la panique s'emballe, et la phobie en sort renforcée.

L'hypnose ericksonienne emprunte un autre chemin. Au lieu d'affronter la peur de face, nous la contournons. En état modifié de conscience, votre esprit peut revisiter la situation phobique à distance — avec un filet de sécurité, dans un cadre protégé, à un rythme que vous choisissez. Pas de confrontation brutale. Pas de surprise. Vous gardez le contrôle, y compris dans l'état hypnotique.

Mon approche s'appuie sur mon expérience dans les soins, particulièrement en milieu hospitalier, où beaucoup vivaient avec des peurs médicales intenses (aiguilles, espaces clos de l'IRM, anesthésie). J'ai appris à repérer la différence entre une peur qu'on peut apprivoiser et une détresse qui nécessite un accompagnement plus profond.

En cabinet à Savièse, je combine plusieurs outils :

  • L'hypnose ericksonienne pour accéder à la mémoire émotionnelle où la phobie s'est installée, et proposer à l'inconscient une lecture différente de la situation — sans forcer, par suggestions indirectes.
  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) pour déconstruire les schémas de pensée qui alimentent la peur — les scénarios catastrophes, les généralisations, le « et si… » permanent.
  • La cohérence cardiaque et la respiration consciente pour réguler le système nerveux au moment même où la panique commence à monter — un outil concret, utilisable immédiatement dans la situation redoutée.
  • L'auto-hypnose, que je vous enseigne au fil des séances, pour que vous disposiez d'un ancrage solide le jour où vous affronterez la situation par vous-même — dans l'avion, chez le dentiste, dans l'ascenseur.

L'objectif n'est pas de vous rendre insensible à la peur. La peur saine est un signal utile, un instinct de protection. Le travail consiste à ce que votre corps apprenne à distinguer le vrai danger de la projection phobique — et à ne plus déclencher l'alarme quand il n'y a pas d'incendie.

Autonomie et déroulement de notre rencontre

Chaque séance dure environ 1h15. Lors de notre premier rendez-vous, nous prenons le temps de faire connaissance — comprendre votre phobie, son histoire, les situations qui la déclenchent, ce que vous avez déjà tenté. Vous expérimentez ensuite un premier état d'hypnose, en douceur, à votre propre rythme. Pas de plongée dans le grand bain le premier jour.

Au fil des séances, je vous enseigne l'auto-hypnose et des techniques de respiration que vous pourrez utiliser seul, dans la vraie vie, face à la situation redoutée. Mon objectif : que vous n'ayez plus besoin de moi.

Pour les informations pratiques (tarifs, lieu, horaires, contre-indications), consultez la page d'accueil.

Les phobies s’accompagnent fréquemment de stress et d’anxiété dans la vie quotidienne, parfois de troubles du sommeil. Si c’est votre cas, nous pouvons travailler sur ces dimensions en même temps.


Questions fréquentes

Éviter systématiquement ce qui me fait peur renforce-t-il ma phobie au fil des années ?

Oui. Chaque évitement confirme à votre inconscient que le danger était réel. C'est un cercle : vous évitez, le soulagement immédiat renforce le réflexe, et la prochaine fois la peur est un peu plus vive, le périmètre un peu plus étroit. L'hypnose intervient précisément sur ce mécanisme — non pas en vous forçant à vous exposer, mais en modifiant la lecture que votre inconscient fait de la situation.

Le but est-il d'effacer totalement la peur ou d'apprendre à vivre avec ?

Effacer toute peur serait dangereux — la peur saine vous protège. Ce que nous visons, c'est de ramener la réaction à sa juste proportion. Que votre corps cesse de déclencher l'alarme incendie quand il n'y a pas de feu. Certaines personnes retrouvent une totale sérénité face à la situation, d'autres conservent un léger inconfort tout à fait gérable. Dans les deux cas, la phobie ne dicte plus vos choix.

Je prends des anxiolytiques — l'état d'hypnose reste-t-il accessible ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Les anxiolytiques atténuent l'anxiété mais n'empêchent pas l'accès à l'état hypnotique. Il m'arrive d'accompagner des personnes sous traitement — l'hypnose vient en complément, pas en remplacement. Si vous envisagez de réduire votre médication, cette démarche se fait toujours avec votre médecin.

Ma phobie concerne la perte de contrôle — l'idée d'être hypnotisée me terrifie. Comment faire ?

Ce paradoxe est plus fréquent qu'on ne le croit. Première chose : en hypnose ericksonienne, vous ne perdez jamais le contrôle. Vous restez conscient, vous entendez ma voix, vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Ce n'est pas l'hypnose de spectacle. Nous avançons très progressivement — vous choisissez la profondeur, le rythme, les limites. La séance est une collaboration, pas une soumission.

Vais-je devoir revivre ma pire crise de panique pendant la séance ?

Non. Mon travail n'est pas de vous replonger dans la terreur — ce serait contre-productif et irrespectueux. L'hypnose ericksonienne utilise des suggestions indirectes, des métaphores, des images. Vous pouvez aborder votre peur à distance, la regarder de loin, comme un film dont vous tenez la télécommande. Si une émotion forte monte, nous la traversons ensemble, dans un cadre sécurisé.

La première séance plonge-t-elle directement dans la phobie, ou construisons-nous d'abord un espace de sécurité ?

La première séance sert à faire connaissance — vous, moi, et votre manière d'entrer en hypnose. On ne touche pas à la phobie ce jour-là. Vous expérimentez un premier état modifié de conscience, en douceur, pour découvrir vos sensations et construire cette zone de sécurité intérieure. C'est à partir de ce socle que nous travaillerons ensuite sur la peur, progressivement.

Si la panique me prend seul dans un ascenseur ou un avion, comment l'auto-hypnose peut-elle m'aider ?

L'auto-hypnose que je vous enseigne est conçue pour ces moments-là — les yeux ouverts, en quelques respirations, sans que personne autour de vous ne s'en aperçoive. Nous construisons ensemble un ancrage personnalisé (une image, une sensation, un geste discret) qui vous permet de ramener votre système nerveux au calme avant que la panique ne s'emballe. C'est un outil portable, toujours disponible.

Comment l'hypnose m'aide-t-elle à distinguer un vrai danger d'une projection phobique ?

Votre inconscient a associé une situation à un danger absolu. L'hypnose permet de revenir à cette association — là où elle s'est formée — et de la nuancer. Pas de la supprimer : de la recalibrer. Votre instinct de survie reste intact, mais il apprend à distinguer la menace réelle de l'alerte fantôme. Vous récupérez votre capacité de discernement, au lieu de réagir au quart de tour.