Hypnose et troubles alimentaires
Quand manger devient une lutte
Manger devrait être un geste simple. Pour vous, c'est devenu un champ de bataille.
Restriction, culpabilité, compulsion, dégoût de soi — un engrenage que vous connaissez trop bien. Vous avez peut-être essayé les régimes, la discipline, la volonté pure. Ça n'a pas tenu. Non pas parce que vous manquez de courage, mais parce que le trouble alimentaire n'est pas une question de volonté.
Derrière la compulsion comme derrière la restriction extrême, une émotion cherche sa sortie. La nourriture est devenue un régulateur — de l'anxiété, de la tristesse, du vide, parfois d'un trop-plein de contrôle. L'émotion est la messagère d'un besoin plus profond qui cherche à s'exprimer.
Les troubles du comportement alimentaire — anorexie, boulimie, hyperphagie, grignotage compulsif — sont une forme d'expression à part entière. Pas un caprice. Pas un manque de discipline.
Un accompagnement qui ne passe pas par un régime
Vous ne trouverez ici ni plan alimentaire, ni pesée, ni liste d'aliments interdits. Mon travail ne consiste pas à contrôler ce que vous mangez, mais à comprendre pourquoi vous mangez comme vous mangez.
Mon parcours infirmier m'a d'abord confrontée aux dépendances dans leur dimension physique — en cardiologie, puis en tabacologie. Ce que j'y ai appris s'applique aux troubles alimentaires : le mécanisme de la compulsion, le circuit de la récompense, l'ambivalence entre le désir de changer et la peur de perdre ce qui apaise.
Ma spécialisation en Hypnose et Addictologie, certifiée par l'A.R.C.H.E. Suisse à Genève, et mon Diplôme Interuniversitaire de Tabacologie (Université Paris-Saclay) m'ont appris à accompagner les dépendances avec rigueur. Le rapport pathologique à la nourriture partage avec les autres addictions des mécanismes communs — à une différence majeure près : on ne peut pas arrêter de manger. L'objectif n'est jamais l'abstinence, mais la restauration d'un rapport apaisé.
En cabinet à Savièse, mon accompagnement combine :
- L'hypnose ericksonienne pour accéder aux croyances profondes liées à l'alimentation et à l'image du corps, et ouvrir la porte à vos ressources inconscientes.
- Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et l'entretien motivationnel pour identifier les déclencheurs, désamorcer les rituels compulsifs et travailler sur l'ambivalence.
- La cohérence cardiaque pour apprendre à votre corps à traverser l'urgence physique qui précède la compulsion — sans céder ni s'effondrer.
- Le soutien par les plantes médicinales, encadré par mon diplôme de Technicienne en Herboristerie de l'École de l'Alchémille, pour accompagner la nervosité et les troubles du sommeil souvent associés aux troubles alimentaires.
Un point de vigilance : les troubles alimentaires sévères (anorexie, boulimie diagnostiquées) nécessitent un suivi médical. Mon accompagnement vient en complément — jamais en remplacement d'un médecin, d'un psychiatre ou d'une diététicienne.
Autonomie et déroulement de notre rencontre
Chaque séance dure environ 1h15. Lors de notre première rencontre, nous prenons le temps de faire connaissance — votre histoire avec la nourriture, vos tentatives passées, ce qui bloque — et vous expérimentez un premier état d'hypnose à votre propre rythme.
Au-delà des séances, je vous enseigne l'auto-hypnose et la cohérence cardiaque. L'objectif : que vous disposiez d'outils concrets pour traverser les moments de crise en toute autonomie.
Pour les informations pratiques (tarifs, lieu, horaires, contre-indications), consultez la page d'accueil.
Les troubles alimentaires sont souvent liés à d’autres difficultés. Si vous traversez du stress chronique, des troubles du sommeil, ou un rapport compulsif à d’autres substances (addictions), nous en parlons dès la première séance.
Questions fréquentes
Si la nourriture est mon seul moyen de calmer mon anxiété, que va-t-il se passer si l'hypnose m'enlève ce réflexe ?
L'hypnose n'arrache rien. On ne retire pas un mécanisme de survie sans le remplacer. Le travail consiste d'abord à comprendre ce que la nourriture protège en vous, puis à construire d'autres réponses — auto-hypnose, respiration, ancrage corporel — avant de relâcher le réflexe alimentaire.
Pourquoi mon cerveau confond-il la faim physique avec la faim émotionnelle ?
Votre cerveau a appris à associer la nourriture à un apaisement émotionnel. Avec le temps, le signal de faim se confond avec un signal de détresse — stress, tristesse, ennui. L'hypnose ramène de la conscience sur cette confusion, pour que vous puissiez distinguer ce que votre corps demande de ce que votre émotion réclame.
L'addiction au sucre se traite-t-elle de la même manière qu'une dépendance au tabac ou à l'alcool ?
Les mécanismes cérébraux se ressemblent — circuit de la récompense, automatismes, croyances. La différence : on ne peut pas arrêter de manger comme on arrête de fumer. L'objectif n'est pas l'abstinence mais un rapport apaisé à l'alimentation. L'approche combinée (hypnose, TCC, entretien motivationnel) s'adapte à cette réalité.
Comment l'hypnose permet-elle de sortir du cycle restriction sévère — compulsion ?
Ce cycle est un piège neurologique : plus la privation est sévère, plus le cerveau déclenche une pulsion compensatoire. En état modifié de conscience, nous travaillons à assouplir le contrôle rigide et à répondre au besoin qui se cache derrière la compulsion, pour que le corps cesse de réclamer violemment ce qu'on lui refuse.
Dans le cas de l'anorexie, l'hypnose aide-t-elle à relâcher l'hyper-contrôle sans déclencher de panique ?
L'anorexie repose souvent sur un besoin de maîtrise absolue. Relâcher ce contrôle brutalement serait contre-productif. L'hypnose ericksonienne propose, elle ne force pas. Le travail se fait progressivement, à votre rythme, dans un cadre sécurisé où le lâcher-prise reste toujours choisi — jamais imposé.
L'approche ericksonienne cherche-t-elle à induire un dégoût pour les aliments gras ou sucrés ?
Non. Provoquer un dégoût relève du conditionnement, pas de l'hypnose ericksonienne. Mon travail ne consiste pas à vous dégoûter d'un aliment, mais à comprendre pourquoi cet aliment remplit une fonction émotionnelle. L'objectif : retrouver le choix, pas créer une nouvelle contrainte.
Comment l'hypnose aide-t-elle lorsqu'on ne supporte plus son propre reflet dans le miroir ?
L'image du corps se construit autant dans l'esprit que dans le miroir. Des croyances profondes — souvent anciennes — déforment la perception que vous avez de vous-même. L'état modifié de conscience permet d'aller dialoguer avec cette image intérieure, de l'adoucir, pour que le regard que vous portez sur votre corps se rapproche de ce qu'il est vraiment.
Le but des séances est-il la perte de poids, ou la pacification du rapport à la nourriture ?
La perte de poids peut survenir, mais elle n'est qu'une conséquence possible. L'objectif premier est de pacifier votre relation à la nourriture et à votre corps. Quand l'émotion derrière le comportement alimentaire est entendue, le besoin de compenser ou de contrôler s'apaise de lui-même.
Les TCA nécessitent souvent un suivi médical : comment votre approche s'intègre-t-elle dans un parcours de soins ?
Je ne remplace ni le médecin, ni le psychiatre, ni la diététicienne. Mon accompagnement vient en complément d'un suivi médical, sur la dimension émotionnelle et inconsciente — celle que les autres approches n'atteignent pas toujours. En cas de contre-indication, j'oriente systématiquement vers le professionnel compétent.
En quoi associer hypnose et TCC est-il indiqué pour désamorcer les rituels alimentaires compulsifs ?
Les TCC agissent sur la partie visible : pensées automatiques, comportements, déclencheurs. L'hypnose intervient en profondeur, sur les croyances ancrées et les émotions enfouies. Cette double entrée — consciente et inconsciente — offre un filet de sécurité bien plus solide qu'une seule approche.
La cohérence cardiaque aide-t-elle à gérer l'urgence ressentie juste avant une crise de boulimie ?
Cette urgence est un emballement du système nerveux. La cohérence cardiaque agit directement sur le nerf vague et le rythme cardiaque. En quelques minutes, elle ramène le corps dans une fenêtre de tolérance où la pulsion perd de son intensité. Je vous enseigne cette technique pour que vous puissiez l'utiliser seul, au moment où le besoin se manifeste.